Se peut-on maintenant
dans ce chant, les Muses dévoiler,
Le faire en toute innocence, sans risquer de les violer ?
Mais voila qu'à l'écoute de ce dessein qui se dessine,
La mienne s'offusque, disant sa crainte qu'on l'assassine.
Présentes depuis toujours dans l'esprit de tout homme,
Elles se veulent être Djinns, un doigt de dieu en somme.
Dessinant des schémas, des perspectives oniriques,
Que chaque esprit complète selon sa propre logique.
Les Muses ouvrent l'esprit à de nouvelles connaissances,
A des plans de conscience, comme autant de renaissances.
Elles aident alors l'esprit à relier des myriades de points,
Pour que bientôt surgisse le schéma de ces points rejoints.
Schémas et archétypes, que l'esprit se devra de compléter,
En développant ses savoirs dans une recherche entêtée.
Car les Muses inspirent, mais n'instruisent pas du détail,
Alors à chacun de bâtir ce savoir, avec la logique en
portail.
Les Muses nous parlent en langue, dans une glossolalie,
Les mots surgissent en rimes, dans une singulière homélie,
Une métrique particulière, propice à l'expression mélodique,
Afin que l'esprit se meuve sur ces flots, en vagues
périodiques.
A chacun, les Muses dispensent le même registre ancestral,
Mais à chacun d'entendre ce qu'il peut, dans ce plan astral.
C'est qu'il faut savoir se taire, pour mieux les entendre,
Pour rester l'esprit ouvert et garder de se méprendre.
Les Muses se confrontent à notre imagination débridée,
Où selon notre seul bon plaisir, s'agencent nos idées.
Alors boudeuses, elles se taisent, face à nos fantasmes,
Jalouses, que l'on s'égare ainsi dans de tels orgasmes.
Pour apprivoiser sa Muse, pour en faire sa compagne,
Il faut un amour exclusif, ne pas battre la campagne.
Elle se donne alors sans partage, avec reconnaissance,
Pour ouvrir largement, les portes de la connaissance.
Chacun reçoit la même, mais la sculpte à sa guise,
L'épouse selon son désir, sans que rien ne la déguise.
Nombre d'entre-elles reste ignorées de leur conjoint,
L'aimer, la chérir, voila ce que ce chant vous enjoint.
Fugue
: L'ADN humain se compose de 1,5 % de
séquences codantes, dans les 98,5 % d'ADN
non codants, 99 % de nos gènes sont communs
avec ceux des autres espèces. Les séquences
non codantes (au sens de l'espèce), aurait
un rôle "d'intendance" dans une sorte
d'ingénierie logicielle, où quelque soit
l'espèce une fonctionnalité est nécessaire
et se code de la même manière. Maitrisant
cette technologie génétique, comme on
maitrise un langage informatique, il devient
possible d'ajouter une partie de code, qui
assure des fonctionnalités nouvelles
"téléonomiques" (dans l'intention de
produire un effet). L'hypothèse "Djinn"
est que cette partie de code ajoutée
artificiellement, a pour effet de déployer
une "base de données", mise à la disposition
de la conscience, si tant est qu'elle sache
l'entendre et l'interpréter. Cette capacité
d'entendement croit avec les connaissances
acquises des phénomènes, en d'autres termes
cette capacité est proportionnelle à
"l'ouverture d'esprit" humain et
s'interprétera différemment à chaque époque,
en fonction des paradigmes du moment. Dans
la tradition les Djinns (les Muses)
coexistent avec les humains et obéissent aux
mêmes lois car "les prophètes de tout temps
sont envoyés par Dieu pour les djinns et les
hommes". La tradition, dans une
interprétation primitive, les considère
comme des êtres créés d'un maillage/tissage
de "lumière d'une flamme subtile, d'un feu
sans fumée". Pas évident de se représenter
physiquement un code qui ferait moins de 1%
du code génétique :-)