|
De la Préhistoire au début du Moyen Âge
ENVIRONNEMENT
Ressources
Le site d’Escolives se trouve à environ 500 m de l’Yonne, dans la plaine alluviale, et au pied d’un plateau calcaire datant du Jurassique. Ce plateau est composé d’une pierre tendre, parfois gélive, mais facile à travailler et utilisée par les bâtisseurs et sculpteurs depuis au moins l’époque gallo-romaine jusqu’à aujourd’hui. On ignore la période exacte d’exploitation des carrières d’Escolives, mais les actuelles « Caves de Bailly », très proches d’Escolives, ont été exploitées dès le Moyen Âge, voire avant.
Le sable et le granulat ont pu facilement être extraits des proches alluvions de l’Yonne.
De même, l’argile utilisée pour la fabrication de tuiles et de céramique a pu être extraite dans la vallée de l’Yonne, à proximité
d’Escolives et de ses alentours. Ces matériaux ne sont pas tous fabriqués sur place, certains sont importés lors d’échanges commerciaux, mais une production locale est attestée. L’inventaire de la céramique mise au jour depuis 1955 nous a appris que l’essentiel des éléments de vaisselle provient de l’atelier antique situé entre Jaulges et
Villers-Vineux, à une quarantaine de kilomètres au nord-est d’Escolives.
Des amoncellements de ferriers sont connus en Puisaye, à une distance de 25 à 30 kilomètres à l’ouest d’Escolives, permettant une exploitation locale de ces gisements et l’existence d’ateliers de forgerons.
Enfin, une des ressources naturelles ayant provoqué l’implantation de l’homme à Escolives est bien sûr l’eau. Outre la proximité de la rivière Yonne, de nombreuses sources et rus existent et attirent les populations dès le Néolithique : les sources et les rus de Vanoise et du Creusot sont particulièrement bien connus par les recherches archéologiques.

La source du Creusot en 2006. Cliché P. Laurent
Évolution du paysage
La topographie autour du site archéologique a beaucoup évolué depuis la fin de la dernière période glaciaire.
À l’époque gallo-romaine, les bâtiments gallo-romains sont construits au pied d’un versant calcaire à forte pente.
Après l’abandon des bâtiments, puis de la nécropole mérovingienne, le versant est mis en culture. Petit à petit, les vestiges seront recouverts par des colluvions issues de la dénudation des sols liés aux cultures agricoles, en particulier celle de la vigne mise en place vers le XVIIIe siècle.
Ce ne sera qu’en 1955 que cette couche de colluvions sera percée pour livrer les premiers vestiges. Durant toutes les fouilles, les archéologues ne cesseront d’enlever cette épaisse couche recouvrant la partie ouest du site.
L’évolution du versant entre le Ier-IIe siècle et 1955.
Modélisation et dessin C. Dagobert.


|