Le site gallo-romain d’Escolives a été occupé durant toute la période gallo-romaine. On connaît au moins six étapes dans la construction des bâtiments entre le début du Ier et la fin du Ve siècle de notre ère. On les distingue lors des fouilles archéologiques grâce à :
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l’étude de l’architecture : orientation et construction des murs des bâtiments
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et à celle de la stratigraphie : succession des couches de construction, d’occupation et de destruction dans le sol.
On peut dater ces étapes à l’aide du mobilier archéologique mis au jour : céramiques, monnaies, outils,
etc.
Le site ayant été reconstruit au même endroit, les étapes de construction les plus anciennes, entre le Ier et la fin du IIIe siècle, ont été recouvertes par les étapes les plus récentes et sont mal connues. On connaît mieux les constructions situées entre la fin du IIIe et la fin du Ve siècle.
À cette période, les bâtiments forment une vaste villa, c’est-à-dire une exploitation agricole, séparée en deux parties : la maison du maître et propriétaire de la villa, connue par les fouilles, et la partie d’exploitation agricole, essentiellement connue par la photographie aérienne.
La partie d’habitation du maître est d’un plan classique : centrée autour d’une cour à péristyle. L’instabilité du sous-sol, car les bâtiments ont été implantés dans une zone humide, explique que les salles d’habitations ne soient pas toutes orientées de la même manière autour de la cour centrale. Les couloirs couverts qui entourent cette cour sont bordés par des salles d’habitations, souvent chauffées et richement décorées. On peut noter aussi, au nord-ouest de la cour, la présence de grands thermes privés et, à l’opposé, au sud-est de la cour, d’un aménagement complexe de la source du Creusot.
La partie d’exploitation agricole a la particularité d’être orientée différemment de la partie d’habitation du maître. Elle se présente sous la forme d’un grand U, dont on ne connaît que l’aile ouest et une partie du retour vers l’est par la photographie aérienne. Le reste a été recouvert par le versant et les habitations actuelles. Les bâtiments s’organisent le long d’une rue pavée et sont de petites dimensions. L’ensemble est entouré d’un mur d’enceinte.
Le décor des murs des maisons gallo-romaines est souvent un enduit peint. Il peut aussi y avoir des corniches en stuc, en haut des murs, comme nous en avons ici l’exemple dans une salle d’habitation de la villa. Restauration Centre d’Étude des Peintures Murales Romaines de Soissons (CNRS/CEPMR), cliché P. Laurent
Le propriétaire de la villa étant un notable fortuné, il a également pu intégrer des placages de marbre sur certains des murs de sa maison. La plupart sont en marbre blanc, mais il y aussi des matériaux importés, comme ce porphyre vert de Grèce. Cliché P. Laurent
À la fin du IVe siècle, les fenêtres des pièces d’habitation de la villa étaient en partie vitrées. Nous avons la chance de retrouver une de ces vitres complètes en 1986. Cliché P. Laurent